Résilience et pouvoir d’agir (Legros, 2004)

 novembre 2006
par  Jean Heutte
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La résilience est un processus qui amène une personne à reprendre le contrôle de sa vie d’une manière satisfaisante alors qu’elle éprouvait un sentiment d’impuissance après avoir pris conscience de sa vulnérabilité à la suite d’un événement extrême, hors de son contrôle. Le traumatisme peut effectivement bouleverser la vie d’une personne, entre autres, parce qu’il dévoile les inconsistances de l’identité et qu’il confronte ses valeurs, ses croyances qui peuvent être fortement ébranlées à la suite d’une expérience douloureuse.

Six caractéristiques ont été reconnues comme étant fréquemment observables chez les personnes qui font preuve de résilience :
- la capacité de compter sur les réseaux formels ou informels de soutien,
- le sens qu’elles peuvent donner aux événements de leur vie,
- l’estime de soi,
- l’humour,
- les aptitudes,
- l’ouverture à de nouvelles expériences.

Les réseaux formels ou informels sont une condition indispensable. En effet, la résilience est d’abord un processus relationnel. Elle est impossible tant qu’elle n’est pas soutenue par au moins une relation de qualité, c’est-à-dire une relation de confiance établie entre la personne blessée et quelqu’un d’autre : un proche, un membre d’un groupe formel de soutien, un intervenant ou toute autre personne disponible dans le réseau. Ces dimensions ont été regroupées à l’intérieur d’une maisonnette, la casita. PNG - 4.2 ko

Le modèle de la casita offre un excellent soutien mnémonique en ce qu’il est facilement visualisable et, chose plus importante, il symbolise le foyer et le retour chez soi. La personne résiliente n’est plus une personne tourmentée et brisée à la suite du traumatisme, mais une personne qui a repris le contrôle de sa vie et qui y trouve satisfaction.

La résilience véhicule l’espoir que la vie ne s’arrête pas à la suite du traumatisme et de ses conséquences. Quand une personne est engagée dans un processus de résilience, ses souffrances sont encore présentes, mais elles sont moins prégnantes. Elles prennent maintenant une place relative dans l’histoire de la personne ; une grande place peut-être, mais non toute la place. Pour reprendre les mots de Cyrulnik (1999), on peut dire que la résilience invite la personne à se poser la question du « comment vais-je faire pour être heureux quand même ? » (p. 18) et inévitablement, la réponse à ce comment invite à l’action.

L’action est justement le but premier de la seconde approche, celle du pouvoir d’agir.


Source : Legros, jacinthe, 2004, Quand le travail donne les bleus au coeur ! Intervention centrée sur la résilience et le pouvoir d’agir des personnes qui vivent de la violence psychologique au travail, _FACULTÉ DES SCIENCES DE L’ÉDUCATION UNIVERSITÉ LAVAL Maîtrise en sciences de l’orientation

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