"T’es vraiment comme ta mère, hein !" (Jolly, 2009)

 mars 2010
par  Jean Heutte
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Il existe différents degrés de critique dans un couple. Plus elles touchent à ce qui fonde l’identité même de la personne, plus elles sont blessantes, augmentent les risques d’escalade verbale et rendent les réconciliations laborieuses.

Critique de niveau 1 : centrée sur le comportement

- Tu es en retard
- Tu me coupes la parole
- Tu as laissé traîner tes chaussettes sales

Critique de niveau 2 : centrée sur le comportement, mais amplifiée et généralisée

- Tu es encore en retard, comme d’habitude. Je me demande bien pourquoi je m’étonne.
- Tu me coupes continuellement la parole, c’est toujours pareil.
- Misère ! T’as encore fait ça n’importe comment.

Critique de niveau 3 : centrée sur la personne, avec jugement de valeur négatif

- T’es vraiment nul !
- Quelle geignarde.
- Ce que tu peux être mesquine, alors.

Critique de niveau 4 : centrée sur la relation

- Ce n’est plus possible, je ne peux pas compter sur toi.
- Si j’avais su, je ne t’aurais jamais épousé.
- Je te préviens, si le week-end prochain tu refuses encore de faire l’amour, je te quitte.

Critique de niveau 5 : centrée sur la famille ou les origines sociales, avec jugement de valeur négatif

- T’es vraiment comme ta mère. Toujours à te lamenter.
- Je comprends mieux pourquoi ton ex s’est barré.
- C’est sûr que c’est pas tes parents qui risquaient de t’apprendre ça !

Si vous voulez exaspérer votre conjoint, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Si en revanche, vous souhaitez que vos critiques portent sans mettre en danger votre relation et susciter des conflits ouverts ou larvés, préférez les critiques centrées sur le comportement. Une critique objective et précise, ne mettant pas en cause l’individu, aura toujours plus de change d’être entendue et de donner l’envie à votre conjoint de rectifier le tir pour vous faire plaisir. Les attaques personnelles sont blessantes et donnent souvent pour seul résultat une contre-attaque improductive.


Source :
Jolly, A. (2009) “T’es vraiment comme ta mère, hein !”, A propos de psychologie, 27 septembre, 2009 http://www.anne-jolly.com/wordpress...

Sachant que bien souvent, les sources réelles de tentions "internes" peuvent être très extérieures au conjoint et parfois le symptôme d’un réel mal être, je suggère la lecture de "Burnout ou épuisement professionnel" (Jolly, 2009) http://www.anne-jolly.com/wordpress...

Toute ressemblance avec des personnes ou des faits existants ou ayant existé n’est pas tout à fait fortuite...


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