Mesurer le sentiment d’efficacité collective (Piguet, 2008)

 janvier 2009
par  Jean Heutte
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La mesure du sentiment d’efficacité collective (SEC) occupe une réflexion assez nourrie dans la littérature scientifique (Gibson,Randel,&Earley,2000 ;Jung & Sosik, 2003 ; Whiteoak, Chalip, & Hort, 2004), dans les environnements virtuels, selon Hardin et ses collègues (2006), cette mesure constitue « a new questions in an old debate ».

Selon Piguet (2008 , p92), en ce qui concerne son opérationnalisation, Bandura relève « l’absence de bonnes mesures qui pose un problème méthodologique pour les recherches » et propose néanmoins deux approches possibles. Parmi ces deux approches :
- « additionner les évaluations que font les membres de leurs capacités personnelles pour les fonctions spécifiques qu’ils assument dans le groupe »,
- « … additionner les évaluations que font les membres des capacités de leur groupe pris comme un tout »,

la seconde semble pouvoir permettre, dans notre travail, de recueillir plus d’informations et de distinguer ce qui relève du SEP et du SEC.

Ainsi, les mêmes 10 questions de Follenfant & Meyer adaptées de (SCHWARZER, 1997) posées pour identifier le SEP, ont été traduites à la 1ère personne du pluriel, afin d’identifier le sentiment d’efficacité collective des étudiants dans leurs études.

Dans la perspective de mettre l’accent sur cette capacité émergente du SEC de l’équipe d’une part et de l’objectif visé d’autre part, nous avons toutefois choisi de remplacer le terme « dans le cadre de mon travail » dans les questions par « dans le cadre de mes études »

Nous avons également présenté les questions dans un ordre différent que celui adopté pour le SEP afin de favoriser un positionnement nouveau vis-à-vis de ces libellés, identiques du point de vue du contenu à ceux concernant le SEP, et éviter un effet de halo (GHIGLIONE, R., MATALON, B., 2002).

Par ailleurs, il n’est pas précisé dans la théorie de Bandura (2003) d’où provient l’objectif défini. Il n’est donc pas relié à une valeur particulière de l’individu ou du groupe et n’est pas forcément celui de l’individu ou du groupe. Ce qui amène à penser que le pouvoir d’agir d’un individu s’effectue, selon cette théorie, non en fonction de ses valeurs propres, définies au travers de son objectif, mais plutôt en fonction de sa projection en sa capacité à réaliser une activité donnée sur la base d’objectifs définis par d’autres. Ceci pose alors la question de la part et du pouvoir de l’environnement dans ce processus ainsi que celui du rapport de l’individu à ce pouvoir. Pour tenter de construire un modèle qui éclaire la construction du SEC, il semble opportun de considérer le bien-être psychologique comme l’un des catalyseurs à prendre en compte (Salanova et all., 2003)


Sources :
Piguet (2008) L’autonomie dans les pratiques infirmières hospitalières, contribution à une théorie agentique du développement professionnel. Thèse de doctorat Université de Nanterre - Paris X (2008-06-09), Professeur Philippe Carré (Dir.) http://tel.archives-ouvertes.fr/tel...


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